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Notre histoire

De la Bretagne à la Jungle de Calais

Été 2015 : le bidonville de Calais passe de 800 à 6 000 réfugiés en quelques semaines. A Grande-Synthe près de Dunkerque, ils sont jusqu’à 3 000 dans la boue d’un terrain marécageux. En Bretagne, Yann, régisseur de festival, se demande si ses compétences professionnelles peuvent être utiles dans les bidonvilles. Il s’y rend trois semaines à l’automne avec son fils Gaël. Yann rentre en Bretagne (dans le Morbihan, numéro… 56) et alerte ses amis à Lorient, Quimper, Rennes. L’idée est de monter des équipes de bénévoles pour venir en aide aux associations actives sur le terrain (Auberge des Migrants, Acted, etc.).

La jungle de Calais (septembre 2016, un mois avant son démantèlement).

Un succès immédiat

L’association est créée en novembre 2015. Le 15 janvier 2016, un appartement est ouvert à Calais pour héberger les premières équipes de bénévoles. Un site internet Utopia56.com permet de s’inscrire, de co-voiturer. Les volontaires sont encadrés sur le terrain pour la construction de cabanes, le ramassage des déchets dans la jungle, l’aide aux douches, la confection de repas pour l’immense bidonville. Le succès de la page Facebook Utopia56 et du site est immédiat. Des centaines de citoyens viennent aider les réfugiés.

Les premiers bénévoles, au ramassage des déchets de la Jungle. 

Notre expérience : un camp humanitaire de 800 à 1 500 réfugiés

                  

Début 2016, le maire de Grande-Synthe Damien Carême construit avec MSF le premier camp humanitaire de France, pour sortir de la boue les familles kurdes qui survivent dans le bidonville du Barroch. Il propose à Utopia 56 d’assurer la coordination du camp, du 7 mars au 7 mai. C’est une aventure incroyable pour les bénévoles Utopia56 qui travaillent jour et nuit, avec d’autres associations pour aider à le mettre aux normes, éviter sa fermeture, contribuer à sa reconnaissance par l’Etat, gérer les problèmes de sécurité liés à la proximité d’une autoroute, d’une quatre voies, d’une voie de chemin de fer.

Vue du camp de Grande-Synthe (juin 2016). // Une distribution de repas.

Nous y avons organisé la vie quotidienne en travaillant à le rendre plus humain (accueil 24h sur 24 des réfugiés, cuisines collectives au bois, laverie 24h sur 24, navette, magasins de distribution de couvertures, vêtements, kit hygiène, centre pour les femmes, aide au cabinet dentaire, centre éducatif pour enfants, cours de français et anglais pour adultes, etc.). La gestion du camp a ensuite été confié à l’ Afeji.

 

Atelier construction dans le camp. // L’entrée de la cuisine, au camp de Grande-Synthe. // Tente thé-café, lieu de convivialité.

Utopia 56 est resté pour assurer toutes les missions de vie quotidienne. Nous avons encadré 10 000 journées de bénévolat dans ce camp (60 bénévoles/jour en moyenne). Puis, l’Etat a commencé à faire enlever les cabanes et imposé des restrictions d’accueil (uniquement des familles avec enfants). Nous étions impuissants face à de mauvaises décisions aux conséquences désastreuses en terme de sécurité. Nous avons quitté ce camp le 30 septembre 2016.

L’après démantèlement de la jungle de Calais : les CAO et les mineurs

Fin octobre 2016, le bidonville de Calais est démantelé. 7000 réfugiés sont dirigés vers des CAO (Centres d’Accueil et d’Orientation) et CAO MI (Mineurs isolés) à travers la France. Avec l’Auberge des Migrants, Utopia 56 distribue 15 000 flyers en arabe, amharic, tigrinya, farsi, pashto pour que les réfugiés puissent rester en contact avec les associations.

Une plateforme Info CAO est soutenue par l’Auberge et Utopia 56 pour aider les citoyens à l’organiser dans les régions. Utopia 56 met aussi en place un numéro d’appel d’urgence pour les mineurs isolés. Les adolescents sont suivis, aidés, parfois hébergés.

Des groupes Utopia 56 s’organisent en région à Lille, Lyon, Tours, Saint Brieuc, Rennes, Aix… Une équipe de bénévoles Utopia 56 continue à travailler à Calais, notamment pour des maraudes de nuit et l’aide aux mineurs.

Match de football avec des mineurs isolés, à Brest.

Au Centre Humanitaire Paris Nord

                

Le 10 novembre 2016, le Centre Humanitaire Paris Nord, ouvre porte de la Chapelle. Au côté du gestionnaire Emmaüs solidarité, Utopia 56 intervient avec 25 bénévoles par jour dans différentes missions, notamment la gestion de la file d’attente devant le dispositif de premier accueil, l’aide à la gestion des potentiels conflits, l’organisation du magasin et son réassort en dons vestimentaires et bagagerie. Des bénévoles accompagnent également les mineurs vers les structures appropriées. En parallèle, des points de collecte s’organisent et s’ouvrent dans différents arrondissements de Paris. En septembre 2017, nous dénonçons la politique d’accueil de ce centre, qui n’a rien d’humanitaire, et nous quittons le centre pour intensifier nos actions dans la rue.

Vue de la bulle d’accueil du centre humanitaire Porte de la Chapelle // Queue devant le centre (février 2017)

À Paris dans la rue : distribution de petits-déjeuners, couvertures et hébergement de mineurs isolés, de femmes avec enfants

Jusqu’à ce jour, chaque matin, des bénévoles Utopia 56 viennent en soutien du collectif Solidarité migrants Wilson pour aider à la distribution des petits-déjeuners, Porte de la Chapelle.

Chaque soir, des bénévoles Utopia56 distribuent des couvertures aux réfugiés qui dorment dehors. Ces bénévoles prennent également en charge des réfugiés vulnérables, notamment des mineurs isolés qui sont à la rue. Pour différentes raisons, ces adolescents ne sont pas pris en charge par les dispositifs légaux. Nous les équipons de téléphones. Nous leur proposons d’appeler leurs famille. Certain n’ont pas eu leurs parents en ligne depuis des mois. Nous hébergeons ces adolescents et les guidons le lendemain matin vers les organismes sociaux adéquats. Beaucoup ne parlent pas un mot d’anglais ou de français. 

Un réseau d’hébergement citoyen

En avril 2017, Utopia 56 lance un réseau d’hébergement citoyen pour les réfugiés majeurs, même s’ils n’ont pas leurs papiers, et pour les mineurs étrangers isolés avant leur prise en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance. Parce que nous côtoyons au quotidien des centaines de réfugiés dans la rue, à Paris ou à Calais. Nous voulons leur proposer mieux que des sacs de couchage. Nous proposons aux Français d’ouvrir leur maison et de donner un peu d’amitié.

Comme pour le bénévolat, Utopia 56 propose un cadre simple et un accompagnement. Parce que des centaines de réfugiés adolescents dorment actuellement dans les rues de Paris ou des grandes villes de France sans être pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance. Ils viennent d’Erythrée, d’Afghanistan, du Mali, du Soudan, de Somalie. Nous ne souhaitons pas que la France laisse des adolescents réfugiés dehors, alors que leur histoire personnelle est déjà très éprouvante. Nous mettons en relation des familles d’accueil et des personnes sans solution de logement. En plus d’apporter un toit, nous effectuons un suivi dans les démarches administratives et/ ou juridiques, et faisons en sorte que ces personnes puissent reprendre leur vie en main.

Hébergement citoyen à Quimper, en Bretagne.

Nos valeurs

Le respect des réfugiés, de leurs choix, de leurs rêves d’avenir, l’action face à l’indignité, la participation citoyenne, l’indépendance d’une association libre de sa parole.