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Agir face à l’injustice : l’engagement d’Utopia 56

Devant de nombreux constats alarmants, les violations systématiques des droits des exilé.e.s et les manquements étatiques flagrants, nous nous engageons à :

  • écouter et respecter les histoires et projets de vie de chaque exilé.e afin de lui offrir un support et un suivi en cohérence avec ses projets
  • aider matériellement, administrativement, juridiquement toutes les personnes qui le souhaitent grâce à l’hébergement solidaire, aux collectes de dons matériels et à une orientation personnalisée vers les associations et les dispositifs juridiques et administratifs adaptés.

 

L’action est choisie localement pour répondre au besoin du terrain. Certaines antennes d’Utopia 56 mettent davantage l’accent sur l’une ou l’autre de ces activités.

Le suivi administratif et juridique des exilé.e.s

Les exilé.e.s qui viennent d’arriver en France, les primo-arrivant.e.s et futur.e.s demandeur.se.s d’asile, n’ont accès qu’à très peu d’informations sur leurs droits, souvent par le bouche-à-oreille dans les communautés sur place. Les conditions précaires de rue relèguent souvent, pour les exilé.e.s, les démarches administratives au second plan. Elles sont pourtant indispensables à l’évolution de leurs conditions de vie !

Les permanences et maraudes d’information d’Utopia 56, dans une démarche « d’aller vers » permettent, après avoir créé un lien de confiance, d’orienter les personnes vers les dispositifs adaptés à leur situation. Ainsi, les exilé.e.s peuvent mieux appréhender le fonctionnement de la demande d’asile en France, des procédures (normale, accélérée, Dublin) et sont accompagné.e.s dans leurs démarches et leurs déplacements par des bénévoles bienveillant.e.s qui, par leur simple présence, aideront à faire respecter le droit.

La collecte et les maraudes

Nos moyens ne nous permettent pas aujourd’hui d’héberger toutes les personnes à la rue qui en font la demande, loin s’en faut. Pour autant, nous souhaitons apporter l’écoute et une aide matérielle d’urgence aux personnes en situation de rue.

Des collectes se sont organisées à l’échelle de toute le France, en Bretagne mais aussi localement dans les antennes qui peuvent redistribuer les produits lors de leurs maraudes (également dans nos lieux d’hébergement). Nous distribuons principalement des articles de couchage (tentes, couvertures, matelas), des vêtements, du thé, des chaufferettes et des kits d’hygiène.

Campement à Paris - Photo Angela Baas

L’hébergement solidaire

En avril 2017, Utopia 56 a lancé un réseau d’hébergement citoyen pour les publics vulnérables, et particulièrement pour les mineur.e.s non accompagné.e.s avant leur prise en charge par l’Aide sociale à l’enfance, en collaboration avec Médecins sans Frontières. Parce que nous côtoyons au quotidien des centaines d’exilé.e.s dans la rue, dans toute la France, nous voulons leur proposer mieux que des sacs de couchage. Nous proposons aux Français.es d’ouvrir leur maison et de donner un peu d’amitié.

Comme pour le bénévolat, Utopia 56 propose un cadre simple et un accompagnement. Nous mettons en relation des citoyen.ne.s solidaires et des personnes sans solution de logement. En plus d’apporter un toit, nous effectuons un suivi dans les démarches administratives et/ou juridiques, et nous faisons en sorte que ces personnes puissent reprendre leur vie en main.

Un fonctionnement décentralisé

La mise en place d’une antenne résulte la plupart du temps de la volonté d’ancien.ne.s bénévoles d’Utopia 56 de monter une action dans leur propre ville, en rentrant chez eux.

L’association au national peut alors décider de mettre à la disposition des antennes les locaux, véhicules, services civiques et dans certains cas, salarié.e.s nécessaires au développement de l’activité de l’antenne. Pour nous soutenir, vous pouvez faire un don.

A Calais, le contexte de grande précarité matérielle (confiscation régulière des biens personnels par la police) et la synergie interassociative avec les associations anglaises ont modelé les activités de l’antenne calaisienne. Après avoir longtemps été centrée autour des distributions de nourriture et de matériel de couchage (80.000 repas en 2018 et 73.000 articles distribués en 2018), elle se restructure en 2019 autour des maraudes d’accès au soin, d’une permanence d’accueil de jour, de l’accompagnement administratif ainsi que de la protection des mineur.e.s (très nombreux.ses à Calais).

A Paris, la demande d’aide administrative est forte puisque les personnes souhaitent la plupart du temps s’établir en France. En complément d’un suivi juridique pour tous les publics, il est apparu nécessaire d’être capables de fixer les personnes les plus vulnérables (en les hébergeant) et de répondre aux besoins primaires des personnes pour que leurs démarches administratives puissent avancer. Nous mettons notamment à l’abri les familles et femmes isolées sans solution, jusqu’à 150 personnes par soir à l’hiver 2018 ! Des maraudes de distribution d’articles de couchage sont également très importantes en raison du très grand nombre d’exilé.e.s à la rue dans la capitale (oscillant souvent autour de 1 500 personnes). Le contexte de Paris permet d’y organiser un grand nombre d’événements de sensibilisation, des projections, des collectes et des braderies solidaires. C’est depuis Paris que sont coordonnés certains hébergements de jeunes qui partent ensuite en province via la plateforme d’hébergement Médecins Sans Frontières.

A Lille, le nombre plus faible de personnes à la rue permet de développer une activité davantage orientée sur le suivi administratif des personnes. Une permanence d’accueil deux jours par semaine a été ouverte fin 2018 pour recevoir en entretien d’aide tou.te.s les exilé.e.s qui le souhaitent. Une maraude quotidienne et des distributions régulières (de matériel de mise à l’abri et de Welcome Bag pour les nouveaux arrivants) complètent l’action. Environ 20 mineur.e.s en recours sont hébergé.e.s par des familles.

A Rennes et en Bretagne, l’action se concentre davantage sur la collecte (15 points de collecte pour distribuer localement et vers d’autres antennes), les maraudes, la sensibilisation et l’hébergement solidaire des mineur.e.s en collaboration avec Médecins Sans Frontières.

A Toulouse, une antenne a été montée en collaboration avec Médecins Sans Frontières pour héberger des jeunes mineur.e.s en recours devant le juge des enfants et accompagner les familles hébergeuses en proposant d’aider à la scolarisation des jeunes, en organisant des journées d’activités sportives et culturelles communes et en proposant des cours de français. Le réseau d’hébergeur.se.s solidaires y est en plein développement.

A Tours, l’aide se concentre sur l’accueil, l’intégration et l’hébergement des mineur.e.s isolé.e.s. L’action de plaidoyer local pour la mise à l’abri des jeunes et contre les tests osseux est forte.  Des collectes et des maraudes pour soutenir les autres publics à la rue sont également organisées ainsi que des activités pour les exilé.e.s.

Maintenir un rapport de force : l’action de plaidoyer

Agir est une chose. Nous sommes toutefois conscient.e.s que notre action ne peut se passer d’un plaidoyer exigeant et offensif envers les institutions auxquelles nous nous substituons en tant que citoyen.ne.s. En informant les exilé.e.s de leurs droits et en les orientant, en sortant un grand nombre de personnes de la rue et de situations de vulnérabilité et d’errance dangereuse, nous  prenons le relais et pallions aux manques de l’administration en charge de protéger les personnes vulnérables, de ce fait, nous nous mettons dans une situation paradoxale car en voulant protéger ces personnes, nous « rendons service à l’État » qui donc a tendance à moins agir et se sent encore moins responsable.

Nous nous engageons donc, en parallèle de notre action, à dénoncer les manquements graves de l’État français à ses obligations envers les exilé.e.s, en respect des conventions de Genève et de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Conscient de notre visibilité relative, nous utilisons le relai d’associations de grande notoriété, comme Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde et la Cimade, pour notre plaidoyer, en leur fournissant les informations relatives à notre action et notre expertise du terrain.

Nous revendiquons le droit des exilé.e.s à circuler librement, à choisir leur pays et leur lieu d’installation, à se loger, se nourrir et se vêtir décemment. Nous dénonçons fermement :

  • les tests osseux, en raison de leur imprécision et de leur caractère invasif et humiliant, et le fichage biométrique des mineur.e.s isolé.e.s, en violation manifeste du droit international de l’enfance,
  • le délit de solidarité et les poursuites en justice, en première instance et appel, de nombreuses personnes solidaires, notamment près des frontières anglaises et italiennes,
  • le règlement Dublin III, qui crée des détresses extrêmes en raison de la menace d’expulsion, de rétention, et les différences de traitements importantes des demandes d’asile au sein de l’Union Européenne,
  • la politique de non-accueil de l’État français à l’égard des exilé.e.s, la violence systémique et le non-respect du droit international, en amalgamant notamment politique d’immigration et asile, politique d’immigration et droit de l’enfance.

 

 

 

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