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Violences policières à Calais

01 juin 2017

Violences policières à Calais

Coups et blessures, vols de carte de séjour, confiscation de portables, gazages lacrymogènes au réveil et sur les sacs de couchages, … le quotidien des exilés à Calais, c’est cela. 

Utopia 56 et l’Auberge des migrants appellent Emmanuel Macron à faire cesser la chasse à l’homme et les violences policières incessantes constatées par les bénévoles des deux associations humanitaires dans le calais is, ainsi que les entraves aux distributions alimentaires. 

>>> Lettre adressée au Président de la République et au Ministre de l’Intérieur ici (télécharger en pdf).

 

Violences policières illégitimes 

 

Presque chaque après-midi, des adolescents traversent la rocade calaisienne dans le but d’échapper au CRS postés, bombes lacrymogènes à la main, derrière les barrières de sécurité. Après avoir fui la violence dans leur pays (érythréens, afghans, …), ces jeunes se retrouvent confrontés à une politique française inadmissible. 

En mars, malgré la pression des urgences humanitaires, une équipe de bénévoles d’Utopia 56 a pris le temps de recueillir des témoignages d’exilés. 17 Cerfas ont été été établis et transmis fin avril au Défenseur des Droits. En voici des extraits. Les prénoms ont été changés. 

 

  • ROBEL, ÉRYTHRÉEN, 17 ANS 

« Dans la nuit du 9 au 10 mars, vers 3h du matin, je me trouvais sur le parking de la station essence dans une zone industrielle de Calais. 5 policiers arrivent vers moi en courant, j’essaie de m’enfuir. Les policiers me poursuivent sur 50 mètres, puis prennent leur véhicule pour me rattraper. Le véhicule se met à ma hauteur. Un policier me gaze de la fenêtre avec une bombe lacrymogène, puis procède à un contrôle d’identité. Les policiers me laissent repartir en constatent que je suis majeur. » 

 

  • MESSI, ÉRYTHRÉEN, 17 ANS

« Dans la matinée du 9 mars 2017, j’étais avec trois de mes amis sur le parking d’une station essence. Trois policiers arrivent en courant, armés de matraques et de gazeuses. Ils nous poursuivent. Je tente alors d’escalader un grillage et je m’arrache la peau de la paume des mains. Les policiers me rattrapent et me donnent un violent coup de poing au niveau du coup. Les policiers ont vu le sang sur mes mains. Ils m’ont demandé de partir et ont emmené mes trois amis au poste. » 

 

La difficulté de déposer plainte 

 

Les bénévoles ont des difficultés à convaincre un réfugié de porter plainte. Par ailleurs, une bénévole Utopia 56 est vue refuser toute plainte et main courante, après avoir constaté un refus de porter secours à un réfugié dans la soirée du 3 avril et après avoir subi des intimidations. Utopia 56 a demandé l’ouverture d’une enquête adressée au procureur de la République de Boulogne sur Mer. Ces faits ont également été postés sur le site de l’IGPN. 

 

Entraves aux distributions alimentaires 

 

Les forces de l’ordre exercent une forte pression sur les distributions alimentaires pour qu’elles soient organisées dans un seul lieu. La distribution organisée le soir est empêchée ou réduite à une heure de temps. Par ailleurs, vendredi dernier, se sont des bidons d’eau et de la nourriture qui ont été aspergés de gaz lacrymogène. Pour rappel, le 22 mars, le Tribunal Administratif de Lille donnait raison aux associations : les distributions alimentaires interdites par la mairie pouvaient se poursuivre sur le territoire de Calais. 

D’autre part le préfet du Pas de Calais, par l’intermédiaire de la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations) et des forces de police, exige pour la préparation et la distribution des repas des normes d’hygiène, habituellement appliquées à la restauration collective, qui nécessiteraient de lourds investissements, et fait peser la menace de fermeture administrative de la cuisine de l’Auberge des Migrants / Refugee Community Kitchen.