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Le soutien du Défenseur des droits aux associations humanitaires de Calais

22 juin 2017

Le soutien du Défenseur des droits aux associations humanitaires de Calais

Paris, France | AFP | jeudi 22/06/2017

Le Défenseur des droits Jacques Toubon a «instamment» demandé jeudi l’ouverture d’un centre d’accueil pour migrants à Calais et la réouverture d’un guichet leur permettant de demander l’asile, dans des recommandations qui reprennent largement des critiques émises la semaine dernière.

 

Réitérant son constat d’atteintes «sans précédent» aux droits des migrants à Calais, M. Toubon veut notamment qu‹ «un accès pérenne à l’eau soit rendu possible» ainsi que «des distributions de repas» dans des conditions «dignes». 

Les associations dénoncent depuis plusieurs semaines des «entraves répétées» et un durcissement des forces de l’ordre à l’égard des migrants revenus à Calais après le démantèlement de la «Jungle» en octobre. 

En ce qui concerne la prise en charge, M. Toubon juge nécessaire de créer «un accueil de jour spécialisé», ainsi que «la mise à l’abri des mineurs et des femmes» dans des locaux situés «sur le territoire de Calais ou à proximité immédiate». Il veut aussi «un lieu où les exilés puissent se reposer, se laver et envisager la suite de leur parcours migratoire».

C’est l’une des demandes récurrentes des associations, qui n’ont pas oublié une promesse faite en novembre par Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur. 

Enfin, M. Toubon réclame que «le dispositif dérogatoire à la régionalisation de l’accès à l’asile soit de nouveau mis en place». En clair, cela signifierait rouvrir le guichet exceptionnellement installé à Calais à l’époque de la «Jungle», et qui a été transféré à la préfecture de Lille depuis. 

M. Toubon estime en effet que beaucoup de migrants pourraient, en raison de leur nationalité, notamment érythréenne, «prétendre à une protection internationale».

Ces recommandations reprennent les grandes lignes d’un compte-rendu de visite publié il y a une semaine, qui faisait état de «conditions de vie inhumaines», voire de «traque», et exhortait les pouvoirs publics à «ne pas s’obstiner dans ce qui s’apparente à un déni d’existence des exilés».

Elles interviennent aussi à la veille d’un déplacement du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb à Calais, où pour la première fois un chauffeur routier est mort dans un accident découlant d’un barrage de migrants dans la nuit de lundi à mardi à Guemps (Pas-de-Calais).

Mercredi au tribunal administratif de Lille, l’Etat s’est positionné sur une ligne inflexible, assumant de «laisser les migrants sans solution à Calais» et revendiquant de «tenir jusqu’à ce que l’habitude de venir (…) soit désamorcée», pour défendre sa politique de fermeté contestée par onze associations.