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Rupture des échanges entre la sous-préfecture de Calais et Utopia 56

16 avr 2020

Rupture des échanges entre la sous-préfecture de Calais et Utopia 56

Après de nombreuses réunions avec la sous-préfecture de Calais ces trois dernières années, notre parole n’a jamais été prise en compte par les agent.e.s de l’État. Pour cette raison, et car ils.elles refusent de construire une vraie politique de prise en charge des exilé.e.s présent.e.s à Calais en lien avec les associations qui travaillent chaque jour sur le terrain, nous avons décidé que nous n’assisterions plus à ces rendez-vous.

(crédit photo : Marguerite Combes, Calais, 2020)

 

À Calais le 16 avril 2020,

RUPTURE DES ÉCHANGES ENTRE LA SOUS-PRÉFECTURE DE CALAIS ET UTOPIA 56

Communiqué de presse

 

Utopia 56 a annoncé hier, mercredi 15 avril, la fin de sa participation aux discussions avec la sous-préfecture de Calais concernant la prise en charge des personnes exilées à la frontière, auxquelles nous participions depuis 2017.

 

Rien ne change à Calais. Seuls s’accumulent les décès lors des tentatives de passage vers le Royaume-Uni et les kilomètres de grilles et de barbelés qui ont pour objectif imaginaire de retenir les exilé.e.s. Pourtant, chaque semaine depuis la crise sanitaire, et tous les trois mois en temps normal, nous participions au côté d’autres associations à des réunions de concertation et d’information avec les services de l’Etat, à la sous-préfecture de Calais. 

 

Si nous avons longtemps cru que ces réunions permettraient à la sous-préfecture d’entrevoir la réalité du terrain, de la vie au jour le jour des exilé.e.s telle que nous la voyons, ce n’est plus le cas. En trois ans, ces réunions n’ont ouvert la porte à aucune amélioration ni avancée. Pas même ces dernières semaines, alors que la crise sanitaire a rendu si difficile pour ces publics l’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins 

 

Nous avons alerté les autorités sur le manque de produits de première nécessité, que nous tentons chaque jour de distribuer aux plus grand nombre (tentes, eau, nourriture, produits d’hygiène). Nous avons averti sur la catastrophe sanitaire à venir s’il n’y avait pas de politique de mise à l’abri  des exilé.e.s présent.e.s dans les camps. Nous avons dénoncé les violences policières subies par les exilé.e.s. 

En retour, nous avons reçu des amendes, alors même que nos actions quotidiennes sur le terrain sont là pour palier aux carences de l’État en matière de respect des droits fondamentaux de chacun.e. De notre dernière réunion avec la sous-préfecture nous n’avons subi que du mépris de la part des agent.e.s de l’État, et nous avons décidé que ce serait la dernière fois. 

 

Sous couvert de maintenir un échange avec les associations travaillant auprès des exilé.e.s, la sous-préfecture de Calais ne fait qu’entretenir un simulacre de dialogue. Elle est la seule à décider des participant.e.s de ces réunions, ainsi que de l’ordre du jour et balaye les retours des acteurs.trices qui, à l’instar d’Utopia 56, ne reçoivent pas de financement public et font usage de leur liberté de parole.

 

Nous ne participerons plus à ces réunions tant que les services de l’État agissant à Calais s’obstineront à ne pas prendre en considération la réalité des vécus des exilé.e.s dans leurs politiques.