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Rennes. Semaine chargée en émotions auprès des exilé.e.s

07 oct 2019

Rennes. Semaine chargée en émotions auprès des exilé.e.s

Semaine chargée en émotions autant pour les exilé.e.s que pour les soutiens. Notre antenne d’Utopia 56 Rennes retrace, jour par jour, la vie au campement des Gayeulles et sur le bassin rennais.

Dimanche 29/09

Des exilés (principalement des hommes célibataires), avec l’aide de soutiens décident d’aller occuper un gymnase appartenant à la Mairie, étant épuisés des conditions de vie sur le campement. Tout le monde s’installe, en espérant ne pas avoir de mauvaises nouvelles le lendemain.

Lundi 30/09

Mauvaise nouvelle: la mairie porte plainte pour occupation d’un bâtiment scolaire, et fait évacuer le gymnase, avec l’aide inattendue de la Police Aux Frontières, qui en profite pour contrôler, prendre les identités et situation de tout le monde. Pas d’interpellation, ouf… Retour sur le campement.

Mardi 01/10

La Mairie ouvre un centre de loisir « à l’arrache», éloigné des transports, sans mobilier, sans matériel pour cuisiner etc.. (pour cela il faudra voir avec les associations), pour loger les familles avec enfants mineurs restantes sur le campement. Ne reste donc a présent aux Gayeulles, que les célibataires, les couples sans enfants, ou les familles avec enfants majeurs.

Au même moment, la préfecture donne l’ordre au 115 (hébergement d’urgence), de ré-ouvrir des places pour les personnes ayant-droit, alors que le dispositif avait été bloqué au début de l’été, laissant entre autre le campement s’installer, et se développer aux Gayeulles. Des solutions ont donc été proposées uniquement aux demandeurs d’asile en procédure normale, présents sur une liste envoyée par les associations à la préfecture. Ne sont donc pas concernés les derniers arrivants.

Mercredi 02/10

La préfecture placarde sur tout le campement un référé attaquant les occupants du terrain municipal «SANS DROIT, NI TITRE», et demande l’expulsion du campement en se substituant à la Mairie, qui a refusé de le faire (en date du 26/09), face à la demande de la préfecture (du 23/09), sans solutions d’hébergement proposées. Audience au Tribunal Administratif prévue le vendredi qui suit à 12h00.

Ce même jour, un mineur non accompagné, reconnu mineur dans un premier temps, pris en charge en Ille et Vilaine depuis avril, est remis à la rue, après ré-évaluation de sa minorité. Il nous attendait donc à la gare de Rennes, avec toutes ses affaires, étant complètement désorienté.

Vendredi 04/10 matin

Nous apprenons que des familles géorgiennes ont été arrêtées sur leur lieu de vie, aux vues de tout le monde, la veille et le matin même. Les personnes sont dirigées directement vers l’aéroport de Saint-Jacques de la Lande, ou un charter de la Georgian Airlines les attendaient. Résultat de l’opération : 33 personnes expulsées, des forces policières déployées dans des lieux de vie de manière totalement démesurée, des familles séparées, et une répression des soutiens qui se sont rendus à l’aéroport. D’autres opérations de ce types seraient prévues au mois d’octobre.

Vendredi 04/10 midi

Au tribunal, audience pour l’expulsion du campement. Les diagnostic sociaux ayant été réalisés sur la campement par différents organismes sont utilisés pour argumenter dans un parti comme dans l’autre. Décision du juge sera rendu ce lundi 07/10, en ce qui concerne l’expulsion du campement. Ce qui est sur, c’est qu’aucune solution de relogement ne sera proposé par la préfecture, pour ceux qui restent.

Samedi 05/10

Ne voyant plus aucune solution alternative, un bâtiment a été réquisitionné à Chantepie pour permettre aux personnes restant sur le campement d’être abritées, avant l’expulsion. Manque de «chance», la mairie de Chantepie intervient en disant ne pas vouloir laisser les personnes s’y installée étant propriétaire du lieu, et entre autre parce qu’une association construirait dans le bâtiment des chars de Noël. C’est vrai qu’il y a des priorités. Plus aucune solution donc, à part la rue, pour les exilés qui ne souhaitent pas se rendre au squat des Veyettes, où vivent a présent une grande partie des personnes qui étaient sur le campement.

Nous en profitons pour mettre au clair, et publiquement notre position sur ce point. Nous n’avons rien contre ce lieu, et nous n’avons jamais «influencé» les exilé.e.s dans leur choix à y aller ou non. Chacun est libre de ses choix, et c’est fondamental pour nous. Il existe bien sur des désaccord entre les soutiens, dans les manières de faire ou de réagir aux événements, mais c’est un autre débat. Il semble pour le moment important de s’unir pour faire face à cet enchaînement d’événements.

Les événements de la semaine ont été difficiles, autant pour les exilé.e.s que pour les soutiens. La violence des institutions, de la préfète, des politiques racistes et de non-accueil sont intenables et inhumaines. En France, des êtres humains sont triés, et sont à la merci d’une chasse à l’homme, organisée par l’Etat. Il faut que ça s’arrête, et qu’on arrête de faire croire, qu’il y a une crise migratoire. Mais bien une crise de l’ACCUEIL, de toutes ces personnes qui quittent et fuient leur pays, pour tout un tas de raisons. On aimerait bien la voir la préfète, fuyant son pays, pour se retrouver à vivre à la rue «sans droit, ni titre».

Stop au règlement Dublin, stop aux expulsions, stop au tri des exilé.e.s. Des papiers et des logements pour tous!

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