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Paris. Dix heures de visibilité, voilà ce qu’il faut pour une prise en charge ?

02 sep 2020

Paris. Dix heures de visibilité, voilà ce qu’il faut pour une prise en charge ?

10h de visibilité, voilà ce qu’il faut pour une prise en charge ?

Lundi 31 août 2020 à 23h45, 219 personnes, femmes, enfants, pères et maris, qui vivaient à la rue se sont installés avec leurs tentes sur le parvis de l’Hôtel de ville de Paris. Autant de personnes qui étaient à la rue depuis des semaines et se faisaient harcelées et chassées par la police quand il s’agissait d’installer des tentes pour dormir dans le nord de Paris et à Aubervilliers, victimes d’une politique sécuritaire et du manque délibéré de places d’hébergement.

Après une rapide visite de la police aux alentours de minuit, les familles ont pu passer la nuit sur le parvis. Peu avant 9h mardi matin, elles ont été réveillées par les forces de l’ordre, tirées des tentes avec violence et leurs tentes retirées. Dans l’opération, trois hommes qui dormaient avec leurs enfants et/ou femmes ont été arrêtés et emmenés au commissariat car ils n’avaient pas leurs papiers sur eux. Cette opération relevait d’un démantèlement pur de la part de la préfecture sans volonté d’héberger les personnes délogées. Rapidement, la Mairie s’est opposée à ces agissements et a assuré que des solutions d’hébergement seraient trouvées aux familles qui ont été installées à l’intérieur de la mairie en attendant.

Nous avons entendu la volonté de la Mairie et de Ian Brossat d’héberger ses familles au plus vite et nous en sommes reconnaissants. Mardi dans la soirée, la totalité des personnes évacuées le matin avaient été envoyées vers des centres d’hébergements et hôtels sociaux en Ile-de-France. Il nous semble cependant regrettable de devoir en arriver là pour être entendus et pris au sérieux alors que nos mails s’accumulent. La rue ne peut être un passage obligé de la demande d’asile et du parcours des exilé.es en France. L’urgence dans laquelle se trouve ces personnes, et a fortiori ces familles, ne fait que souligner la nécessité d’une refonte du système d’accueil qui, engorgé et inefficace, abandonne les personnes exilées dans des situations indignes de notre pays.

Crédit : Livia Saavedra
Crédit : tmt