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Nouvelle expulsion des personnes exilées survivant en centre ville de Calais : le “pont-pont”

23 déc 2020

Nouvelle expulsion des personnes exilées survivant en centre ville de Calais : le “pont-pont”

Alors que Calais s’illumine et offre à ses habitants la possibilité de célébrer les fêtes de fin d’année, il n’y aura pas de trêve à Noël pour plusieurs centaines de personnes exilées vivant sous les ponts de la ville. Natacha Bouchart, maire de Calais, engage une procédure d’expulsion à leur encontre via une requête en référé jugée lors d’une audience ​au tribunal administratif de Lille le 23 décembre 2020 à 14h30.

Face aux expulsions brutales de lieux de vie qui se sont succédées ces derniers mois,face à la pose de grillages ou au déboisage de zones entières de la ville afin d’empêcher toute installation, de nombreuses personnes ont été contraintes de se réfugier sous les ponts de la ville de Calais. Ces personnes, qui, pour la plupart, ont déjà traversé de nombreuses expulsions se trouvent une nouvelle fois, à travers cette opération, ​sous la menace d’une énième atteinte à leurs droits fondamentaux.

Prenant acte de la situation de ces personnes dépourvues d’accès à l’électricité, à l’eau courante, au ramassage des déchets, les autorités municipales se voient dans l’obligation de commander cette mesure au nom du respect notamment de​ la “dignité humaine”.

Nous ne pouvons qu’abonder dans leur sens. La situation des personnes exilées, parmi lesquelles des enfants, survivant sous ces ponts ou dans des terrains vagues est ​indigne​. Cependant, nous savons que nuls expulsions forcées, grillages, déboisements ou mesures coercitives ne permettront de rétablir une quelconque ​dignité​.

La dignité pour laquelle nous plaidons implique de proposer une mise à l’abri basée sur le volontariat, la pleine information des personnes exilées ou encore un diagnostic social permettant de comprendre la situation des personnes et donc de leur proposer une solution adaptée. La dignité pour laquelle nous plaidons suppose également des solutions d’hébergement adaptées, continues et inconditionnelles à Calais ou à proximité, offrant de réelles alternatives à l’errance et la précarité. Le respect de cette dignité nécessite, enfin, de formuler de réelles propositions d’installation en France ou d’accès légal au Royaume-Uni, seules à même d’apporter une solution durable à la situation des personnes exilées présentes à Calais.

Au nom de cette même dignité, et pour plaider la cause de solutions plus humaines, ​nous nous tiendrons en soutien et solidarité avec les personnes concernées par cette mesure au tribunal administratif lorsqu’elles tenteront de défendre leur droit à la (sur)vie, encore une fois entravé par des opérations allant à l’encontre de toute humanité.