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Non à la loi asile-immigration

19 avr 2018

Non à la loi asile-immigration

Cette semaine commencent dans l’Hémicycle les discussions sur le millier d’amendements du projet de loi Asile et Immigration, en vue de son vote prochain.

Une nouvelle fois, nous nous adressons aux députés et les appelons à renoncer à ce texte soumis par Mr Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur. En tant qu’associations venant en aide aux personnes exilé.e.s et vulnérables, nous dénonçons son caractère profondément liberticide et répressif.

Nous ne pouvons accepter que la seule option politique soit celle du non-accueil et de la fermeture méthodique des frontières.

Nous ne pouvons supporter l’idée qu’à une politique migratoire digne et solidaire soient préférés le contrôle systématique et la rétention.

En tant qu’associatifs nous constatons tous les jours sur le terrain, grâce à des relais d’entraide présents partout où l’urgence et la nécessité l’exigent, les conditions de vie indignes et insalubres dans lesquelles l’État français laisse les exilé.e.s.

À tout cela, on nous oppose que le projet de loi Asile et Immigration vise une « intégration réussie », répond aux urgences de la « crise migratoire » et rétablit l’accueil digne auquel la France est attaché.

Il faut le dire et l’écrire : aujourd’hui, la France offre une image d’elle aussi peu digne que l’accueil qu’elle réserve aux personnes qui le réclament.

La semaine dernière, Jacques Toubon, Défenseur des droits, accusait fermement l’État français. Lui ne ferme pas les yeux sur le « recul de solidarité » en France. Lui ne ferme pas les yeux sur les conditions de vie « inacceptables » des enfants, femmes et hommes installé.e.s dans le nouveau campement de la Villette ; ni de celles de tous les autres présents sur le sol français. Ouvrirez-vous les yeux vous aussi ? Le rejoindrez-vous dans l’affirmation d’une vérité qui ne doit plus être dissimulée ?

Le projet de loi Asile et Immigration soutenu par le Président Macron et son ministre de l’Intérieur prétend relever autant de l’humanité que de la fermeté. Le sens même du mot « humanité » est au contraire gravement écorché par cette fermeté et le cynisme qui ont inspiré ce texte.

Face à une population de personnes exilé.e.s et lourdement fragilisé.e.s, il préconise : le contrôle, le tri, l’empêchement de circuler ou d’être accueilli dignement, d’intégrer sereinement un processus de demande d’asile, la non prise en charge des mineurs non accompagnés, la criminalisation de la solidarité, l’enfermement, le rapatriement, le bannissement…
Cette liste déjà trop longue ne relève en aucun cas de l’humanité mais bien d’une politique migratoire brutale. En tous points nous la combattons et appelons à ce que les seuls à reculer soient le ministre de l’Intérieur et son texte de loi. Non pas la solidarité. Non pas l’humanité. Non pas les droits de l’homme.

Cette semaine, mesdames, messieurs, alors que vous discuterez le millier d’amendements d’un texte de loi dont il vous faudra plus tard assumer la responsabilité auprès de vos enfants, des milliers de personnes venues chercher refuge en France attendront encore qu’on leur tende la main. 

Soyez de ceux-là. Tendez votre main. Ne la levez que pour dire non à ce projet de loi car en offrant votre voix à M. Collomb, ce que vous signez c’est l’avis de décès du droit d’asile en France. 

 

Communiqué de presse du jeudi 19 avril 2018 cosigné par Utopia 56, L’Auberge des migrants et Help Refugges.