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Grande-Synthe. Une semaine après l’incendie, où en sommes-nous ?

18 avr 2017

Grande-Synthe. Une semaine après l’incendie, où en sommes-nous ?

Dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 avril, le camp de la Linière à Grande-Synthe a été détruit par un incendie. Dans la foulée, un dispositif d’urgence a été mis en place par la mairie et la préfecture. Dès le lundi soir, les habitants du camp ont été accueillis dans trois gymnases du Dunkerquois, en tenant compte des communautés afghanes et kurdes. Au total, sept gymnases ont été utilisés pour la mise à l’abri. Ce mardi 18 avril, le dernier gymnase a refermé ses portes.

Retour sur une semaine d’actions du mardi 11 au lundi 18 avril :


Distributions dans les gymnases

Au côté de L’Auberge des migrants, Refugee Community Kitchen et Help Refugees, une équipe terrain d’Utopia56 suit la situation. Dès le mardi 11 avril, nous distribuons des dons : couvertures, nourritures sèches, vêtements, chaussures, etc. Chaque gymnase accueille jusqu’à 350 personnes et est surveillé de très près par un effectif policier important et du personnel de sécurité. Durant cette semaine, Refugee Community Kitchen prépare plus de 6 000 repas, qui sont ensuite distribués.

Le jeudi soir, un camp « sauvage » se forme à Grande-Synthe. Nous distribuons couvertures et nourriture à quelques 300 personnes, dont des enfants et des bébés.

Départs en CAO

Dès le mercredi, un premier bus conduit des réfugiés vers un CAO. Dans les gymnases, mineurs isolés sont mélangés aux adultes. Des blessés n’arrivent pas à voir un médecin. Le lendemain, le jeudi, une équipe de protection de l’enfance veille à la prise en charge des mineurs présents dans les gymnases. Ils sont envoyés dans un centre gardé secret, nous n’arrivons pas à savoir comment leur minorité est déterminée. Dans certains gymnases, l’OFII essaie de convaincre les familles de partir en CAO, sans leurs préciser la destination. Rumeurs, annonces, tout se mélange.

Refus d’accès aux gymnases

A partir du vendredi, nous nous faisons refuser l’accès aux gymnases. Impossible de rendre les papiers récupérés sur le camp brulé aux réfugiés, ni d’effectuer des distributions, ni d’avoir confirmation pour savoir qui a ordonné cette interdiction. A l’entrée des bus, nous donnons des sacs d’urgences (nourriture sèche) à ceux qui partent en CAO. Les exilés sont contraints de monter dans les bus, sans trop savoir où ils vont. Ces départs en bus se poursuivent le samedi.

Fermeture du dernier gymnase

Mardi 18 avril, le dernier gymnase est censé fermer. Lundi après-midi, une soixantaine de personnes, que des familles kurdes, est encore présente. Nous donnons des kits d’hygiène. En arrivant au Auchan, il y a une trentaine d’exilés, assis sur le trottoir. Devant eux, trois camions de CRS les surveillent, mais ils ne sont pas en état d’arrestation. Nous leur distribuons de la nourriture après avoir attendu l’autorisation des CRS, qui attendaient l’autorisation du commissariat. 

Bilan


Le camp de Grande-Synthe accueillait quelque 1 700 réfugiés. Environ 1 100 ont été accueillis dans les gymnases, de nombreux sont partis en CAO (contactez le CAO proche de chez vous en cliquant ici). Cela veut dire que de nombreux exilés sont « dans la nature ». Les équipes d’Utopia 56 restent mobilisées. Venez comme bénévole sur le terrain en vous inscrivant ici ou faites un don pour nous soutenir financièrement.