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Enquête auprès des exilés dans le Calaisis

01 mai 2017

Enquête auprès des exilés dans le Calaisis

Refugee Right Data Project a collecté des données sur le terrain du Calaisis - à l’exclusion de l’ancien camp de Grande-Synthe - auprès de 213 exilés, majeurs et mineurs confondus. Cette enquête effectuée en avril 2017 fait un point sur la situation des exilés, six mois après une démolition de la jungle qui n’a pas donné de solution durable à la crise. English


Les associations locales estimaient, en avril, qu’il y avait environ 400 exilés déplacés dans la région de Calais. L’étude de Refugee Right Data Project a recueilli des données auprès de 213 répondants. Ces personnes viennent d’Érythrée, du Soudan, de l’Éthiopie, de l’Afghanistan et du Pakistan, ainsi que d’Égypte, d’Irak, d’Iran et de Palestine. Focus sur cette étude indépendante.


Le rêve anglais


À la question « Quel pays conviendrait le mieux à votre situation ? » 88,9% des personnes interrogées ont répondu Angleterre. À cela, différentes raisons ; certains parlent déjà la langue, d’autres ont de la famille ou des amis là-bas, quelques uns pensent y gagner plus d’argent. Pour 13,5% des répondants, l’Angleterre est un rêve qu’ils n’ont pas envie d’abandonner. Les réponses sont assez similaires à la question « Pourquoi ne voulez-vous pas faire votre demande d’asile en France ? » mais une réponse revient dans 33% des cas ; outre le rêve anglais, il y a un manque de sécurité en France.


Les violences policières en France


89,2% des exilés interrogés ont subi des violences policières. En détail, il s’agissait de violences verbales pour 27,66% d’entre eux, de violences physiques à 52,7%, et pour 84,04% des répondants ont été exposés à des gaz lacrymogènes. Seul 1,9% des exilés ont décrit le comportement de la police en France comme « très bon », contrairement à 41,4% comme « mauvais » et 40% « très mauvais ». Lors de l’entretien, une personne a répondu « Y’a t’il une option qui soit pire que très mauvais ? Je choisis cette option. »


Les mineurs


En l’absence de chiffres officiels, les associations locales estiment qu’il y avait environ 200 mineurs dans la région lors de l’enquête. Refugee Right Data Project a interrogé 86 d’entre eux, soit 43% du total estimé. Parmi ces enfants, 98,8% étaient non-accompagnés. 


56,0% ont répondu qu’ils avaient vécu dans la jungle de Calais avant qu’elle ne soit détruite. Pour comprendre ce chiffre, il faut se souvenir des promesses non-respectées de rejoindre le Royaume-Uni qui ont conduit ces jeunes exilés à fuir les Centres d’Accueil et d’Orientation français pour retourner dans le Calaisis tenter leurs chances par eux-mêmes. Pour beaucoup d’entre eux, isolés, rejoindre l’Angleterre, c’est retrouver sa famille : frère(s), tante ou oncle, soeur(s), cousin, père, mère.


Concernant la violence policière, ce sont 96,5% des mineurs qui en ont subi. Pour les 76,01% qui subissent une exposition aux gaz lacrymogène, 41% le subissent plusieurs fois par semaine et 20% une fois par semaine. Un érythréen de 17 ans raconte que « [la police] me reconnait a cause de mes cheveux et ils me suivent en permanence. Ils me battent presque quotidiennement. Je me suis fait asperger de gaz lacrymogène a plusieurs reprises. » 


Retrouvez la totalité de l’enquête et des témoignages en cliquant ici