Inscrivez-vous à la newsletter

Suivez-nous sur : facebook

COVID-19 : Des lieux adaptés doivent être ouverts en urgence pour héberger les personnes à la rue et les mineurs non accompagnés

13 nov 2020

COVID-19 : Des lieux adaptés doivent être ouverts en urgence pour héberger les personnes à la rue et les mineurs non accompagnés

Paris, le 12 novembre - Alors que le président Emmanuel Macron déclarait le 28 octobre que la deuxième vague de la COVID-19 serait « sans doute plus dure et plus meurtrière », aucune solution d’hébergement n’a à ce jour été proposée aux personnes à la rue, parmi lesquelles des mineurs non accompagnés. Nos associations demandent que des places en hôtel soient ouvertes de toute urgence pour donner à ces personnes vulnérables les moyens de se protéger, elles aussi, de la pandémie. 

Bien que la France ait établi un couvre-feu il y a un mois, et soit reconfinée depuis deux semaines, nombreuses sont les personnes à devoir encore survivre à la rue en pleine pandémie. C’est le cas notamment des 2 500 exilés du camp de la Porte de Paris à Saint Denis, de 200 familles comptabilisées par Utopia 56 lors de ses maraudes et d’une centaine de mineurs non accompagnés à Paris - plus du double en Ile-de-France. 

Dans son centre d’accueil et d’orientation de Pantin, Médecins Sans Frontières a accueilli 33 nouveaux mineurs (dont deux filles) sans solution d’hébergement depuis l’instauration du confinement, et suit au total plus de 65 jeunes à la rue. Les Midis du MIE leur distribuent 60 repas par jour quatre fois par semaine à Paris, la TIMMY répond aux besoins quotidiens de plus de 45 jeunes totalement démunis, Utopia 56 fournit du matériel de première urgence (tentes, duvets, vêtements chauds,…) à près de 10 mineurs par jour. 

Dans le même temps pourtant, rien ne laisse penser que l’Etat et les départements se préparent à apporter une aide concrète à ces jeunes. A Paris, le Dispositif d’Evaluation des Mineurs Isolés Etrangers géré par la Croix Rouge, renvoie même quotidiennement vers la rue des jeunes épuisés sans leur proposer de solution d’hébergement. Nous constatons une dégradation de la santé physique mentale des mineurs à la rue liée à leurs conditions de vie et à leur isolement, dans un contexte de rue plus oppressant et insécure que jamais. 

Au nom de la protection sanitaire pour tous, nos associations qui œuvrent aux côtés des mineurs non accompagnés en appellent à la responsabilité des départements, de l’Etat, du Ministère de l’intérieur et du Ministère de la santé. Elles demandent que des solutions d’hébergement soient garanties pour toutes les personnes à la rue afin de les protéger du virus : sans-abris, exilés majeurs, mineurs non accompagnés. 

Lors de la première vague de COVID-19, les associations avaient dû pallier au manque de dispositifs officiels pour héberger les mineurs non accompagnés. Des mesures immédiates doivent être prises pour garantir à tous, et notamment à ces adolescents particulièrement vulnérables, protection et dignité. Aussi pour éviter que ces dispositifs d’hébergement d’urgence ne contribuent à créer de nouveaux foyers de contamination, les lieux collectifs tels que les gymnases doivent être évités au profit de placements en hôtels ou dans tout autre hébergement comprenant des espaces de vie individuels, pour permettre l’application réelle des mesures de prévention. 

A ce sujet, Médecins Sans Frontières a rendu public le 6 octobre, les résultats d’une étude de séroprévalence réalisée avec Epicentre et l’Institut Pasteur en quatorze lieux d’intervention de l’ONG. Ils démontraient que la circulation du virus avait été plus particulièrement active dans les situations où la promiscuité était la plus forte, c’est-à-dire quand la personne devait partager chambre, douches et cuisine avec plusieurs autres personnes. L’étude démontrait également un risque clairement accru de contracter la maladie parmi les personnes ayant été hébergées un temps en gymnase, avec une prévalence chez ces personnes de 75%.

 

Signataires : 
Comede
Médecins Sans Frontières
Les midis du MIE
TIMMY – Soutien aux Mineurs Exilés
Utopia 56