Inscrivez-vous à la newsletter

Suivez-nous sur : facebook

Coronavirus. Il y a urgence pour les exilé.e.s !

17 mar 2020

Coronavirus. Il y a urgence pour les exilé.e.s !

Ce mardi 17 mars, alors que des mesures de confinement sont imposées en France, des centaines d’exilé.e.s continuent de survivre à la rue, grands oubliés des autorités publiques. D’une part, aucune de solution de mise à l’abri ne leur est proposée. D’autres part, l’aide humanitaire et solidaire est fortement entravée par le confinement. Nous sommes inquiets, il y a urgence à agir.

A Calais

Nous avions alerté dès le 6 mars que les moyens sanitaires proposés par les autorités publiques étaient inadaptés à la situation des exilé.e.s à la rue à Calais, sans réponse de leur part. 

Dimanche, dans une lettre ouverte, nous alertions à nouveau sur le besoin urgent de déployer des moyens adaptés pour protéger les milliers de personnes exilées et ceux qui les accompagnant à la frontière franco-britannique.

 

Mardi soir, alors nous n’avions toujours aucune réponse de la préfecture, un nouveau courrier a été envoyé au préfet.

Nous rappelons les paroles d’Emmanuel Macron, du 16 mars : «Pour les plus précaires, pour les plus démunis, pour les personnes isolées, nous ferons en sorte, avec les grandes associations, avec aussi les collectivités locales et leurs services, qu’ils puissent être nourris, protégés, que les services que nous leur devons soient assurés.»

Nous demandons d’appliquer un droit à l’hébergement et au logement ainsi que le droit à des conditions matérielles de vie décentes. Cela doit passer a minima par l’ouverture de plusieurs dispositifs d’hébergement inconditionnels situés non loin des lieux de vie des personnes exilées, la mise en place de sites de distribution alimentaire en nombre suffisant pour limiter les regroupements d’un trop grand nombre de personnes, l’ouverture de dispositifs spécifiques requis dans le cadre de la protection des mineurs isolés ou encore le déploiement de nombreux points d’accès à l’eau et au savon. Tout ceci doit s’accompagner d’une information adaptée aux personnes exilées.

A Lille

Aucune directive n’a été donnée que ce soit par le 115 ou par la mairie. Aucune directive de l’Etat également.

Des centres de resserrement doivent ouvrir pour orienter les personnes démunies atteintes du virus. 

Notre équipe de bénévoles est ultra restreinte pour assurer des maraudes : 7 personnes pour des maraudes en binôme avec protections sanitaires.

Nous avons interpellé la mairie, le département, la DDCS (Direction Départementale de la Cohésion Sociale- qui gère l’hébergement d’urgence) et la préfecture avec un message unique : quelles mesures sont envisagées pour la prise en charge des personnes à la rue. Réponse automatique de la préfecture renvoyant au numéro de la cellule d’information au public : pas d’informations données.

Rien de concret n’est fait.

Deux accueils de jour restent ouverts (un qui accueille 20 personnes à la fois, l’autre que le matin).

Deux associations gardent les maraudes alimentaires.

Aujourd’hui, nous avons installé 4 personnes en tente et igloo (3 Français et 1 exilé)

A Paris

A Paris, 24 associations signent ce mardi une lettre ouverte «Salubrité publique en période d’épidémie : une urgence humaine et sanitaire !»

Face à la crise sanitaire, les institutions ont la responsabilité de protéger toutes ces personnes. C’est pourquoi, associations et collectifs, nous demandons :

  • La réquisition des centres culturels, des bâtiments scolaires vides et de tout autre lieu permettant un hébergement et la mise en place des mesures de précaution, afin de mettre à l’abri toutes les personnes qui dorment dehors en Île-de-France et de permettre la mise en place des mesures sanitaires et d’hygiène nécessaires pour faire face au virus
  • La mise en place de distributions alimentaires organisées par les pouvoirs publics pour pallier le fait que les associations ne peuvent plus poursuivre leur action dans ce domaine.
  • L’installation ou la réouverture de points d’eau les plus nombreux et les plus accessibles possibles, et la mise à disposition de savon et de gel hydro-alcoolique, de manière à ce que les personnes à la rue puissent appliquer les recommandations faites par les autorités de santé publique.
  • L’accès pour tout demandeur d’asile aux conditions matérielles d’accueil par l’OFII afin de permettre à toutes et tous de disposer d’un minimum de ressources financières pour pouvoir faire face aux mesures de confinement demandé.
  • L’interdiction des expulsions visant les personnes hébergées dans les structures d’urgence


Lire en totalité : «Salubrité publique en période d’épidémie : une urgence humaine et sanitaire !» (en PDF)

A Rennes

A Rennes, une adolescente de 15 ans a été remise à la rue, hier, lundi 16 mars, comme en témoigne ce courrier du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine.

Parallèle, l’inter-asso rennaise appelle à la prise de mesures urgences :

  • obligation d’information
  • obligation de mises à l’abri
  • obligation de protection sanitaire
  • obligation d’approvisionnement en nourriture
     

 

A Toulouse

Deux associations maintiennent leurs distributions de repas (une épicerie solidaire le dimanche et les Secours catholique avec des petits-déjeuners). 

A Toulouse, de nombreux exilé.e.s survivent dans des squats. Des associations doivent essayer d’y distribuer des repas, mais ce ne sera pas régulier. La santé de ces personnes nous alerte. 

Deux accueils de jours restent ouverts, avec une bagagerie et une distributions de duvets. 

La Pass, pour l’accès aux soins, se fait sur rendez-nous.

L’inter-asso toulousaine avec Utopia 56 met en place des maraudes, aidée par Médecins du monde pour associer un volet sanitaire et un volet distribution. 

 

 

A Tours

Bonne nouvelle ! Les vingt jeunes du Plan B (17 mineurs en recours et 3 jeunes majeurs) ont été pris en charge.

Nous étions particulièrement inquiets du devenir de ces jeunes qui vivaient dans le Plan B, un squat avec une seule douche et WC pour 20 personnes.

La DDCS a annoncé lundi après-midi leur prise en charge dans deux hôtels de Tours. Les jeunes vont y passer leurs quinze jours de confinement dans des chambres normales, avec une salle de bain et des repas matin, midi et soir.

 

Nous soutenir

Depuis chez vous, pour dénoncer cette situation et le manque d’action des autorités publiques, partagez ces informations : sur Facebook, sur Twitter…