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Calais. Accès à l’eau, l’Etat condamné

01 aoû 2018

Calais. Accès à l'eau, l'Etat condamné

Le Tribunal Administratif rappelle à la préfecture ses engagements et condamne l’Etat à installer de nouvelles latrines à Calais.

Alors que les températures sont à la hausse à Calais en ce mois de juillet, la situation des personnes exilées est alarmante : 

  • les points de distribution d’eau proposés par l’Etat sont très éloignés des lieux de vie
  • l’accès à l’eau et aux douches n’est possible que certaines heures de la journée
  • il est impossible de laver et de sécher le linge
  • les exilé.e.s n’ont aucun moyen de stocker l’eau pour y avoir accès 24H/24

 

La soif, le manque d’hygiène dégradent encore les conditions de vie des exilé.e.s et entraînent des répercussions sur leur santé et leur état psychique.

Nous faisons remonter nos inquiétudes de manière régulières aux autorités, notamment dans le cadre des réunions en sous préfecture de Calais dans des réunions appelées “aide aux migrants” qui sont organisées une fois par mois. Ces réunions présentent toutefois de nombreuses limites : le choix des dates et des ordres du jour, ainsi que la rédaction des comptes rendus, sont effectués à la préfecture, comme la sélection des associations autorisées à y participer. Dans les faits, nous ne sommes pas entendus, et nos remarques lors de ces réunions n’ont pas débouché sur des changements significatifs pour les personnes en situation de transit à Calais.

Nous n’avions alors plus le choix : 11 associations ont invité la préfecture à s’expliquer devant le juge des référés au Tribunal Administratif de Lille.

Le rapporteur spécial de l’ONU Leo Heller est lui aussi intervenu en tierce partie à ce contentieux pour inviter la France à respecter ses obligations en matière de fourniture d’eau.

Le Tribunal Administratif vient de rendre son ordonnance ce 31 juillet 2018.  Celui-ci rappelle les engagements de la préfecture pris à l’audience, invitant ainsi les associations à le saisir de nouveau si les engagements n’étaient pas respectés :

  • l’achat de jerrycanes de 5 litres permettant aux exilé.e.s de transporter de l’eau
  • l’extension des horaires d’accès à l’eau 
  • l’installation d’une troisième citerne mobile  et de deux fontaines à eau
  • l’achat de bac permettant de laver le linge

 

Le juge enjoint également à l’Etat de mettre en place de nouvelles latrines car l’absence de celles-ci dans certains secteurs seraient constitutives d’une atteinte grave et manifestement illégale à la dignité des personnes. 

Pour les associations, c’est une victoire : l’accès à l’eau et aux systèmes d’hygiène va être amélioré.

Nous allons rester très vigilantes sur la mise en place de ces différentes annonces dans les semaines à venir.

Nous regrettons de devoir saisir le juge administratif pour que soient respectés les droits les plus élémentaires des personnes migrantes.