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Un an après République, errance et maltraitance persistent.

19 nov 2021

Un an après République, errance et maltraitance persistent.

Le 23 novembre 2020, 400 personnes exilées, essentiellement originaires d’Afghanistan, s’installaient avec notre soutien sur la place de la République à Paris pour demander pacifiquement l’accès à un hébergement. Un an plus tard, des centaines de personnes survivent toujours à la rue, harcelées, en dépit des lois.

Ces personnes survivaient jusqu’alors sur le dernier grand campement de région parisienne à Saint-Denis, sous l’autoroute, où cohabitaient plus de 3500 personnes en grande majorité demandeuses d’asile. Le 17 novembre, après une opération policière sous tension de plus de 8 heures, 2800 personnes avaient pu accéder à un hébergement d’urgence. Cependant, plus de 800 personnes avaient quant à elles été chassées de leur lieu de vie, sans pouvoir accéder à une mise à l’abri, puis pourchassées pendant des heures dans le nord parisien afin d’empêcher tout rassemblement. Il s’ensuivit un harcèlement policier de plusieurs jours, empêchant systématiquement les personnes de déposer leur tente ou leur couverture à même le sol. Ensemble, nous avions donc pris la décision de visibiliser leur situation afin de faire cesser ces pratiques et de leur permettre d’accéder à leurs droits.

Ce soir du 23 novembre, une vingtaine de minutes après leur installation place de la République, les forces de l’ordre intervenaient pour déloger l’ensemble des personnes présentes. Des personnes sorties de leur tente par la force, des soutiens associatifs frappés par les forces de police ainsi que des élus, avocats et journalistes violentés. Une nouvelle chasse à l’homme s’est ensuite organisée dans les rues de Paris, sous une pluie de grenades lacrymogènes et assourdissantes. Finalement expulsées de la capitale, les personnes ont trouvé refuge aux alentours d’Aubervilliers sans possibilité de se protéger et de passer la nuit. Différentes associations se sont mobilisées au cours de la nuit pour apporter une aide matérielle et alimentaire d’urgence.

 

“La violence de cette soirée reste et restera gravée dans les esprits. Nous demandions un toit, nous avons reçu des grenades.” Yann Manzi, co-fondateur d’Utopia 56.

Suite aux événements de Saint-Denis et de place de la République, une plainte au pénal pour violences volontaires, vols et destructions est toujours en cours d’instruction. Cette plainte portée par plus de 33 plaignants exilé·es, élu·es et bénévoles vise les préfets Didier Lallement, Georges-François Leclerc et Marc Guillaume.

Malgré l’écho médiatique de cet événement, un an plus tard la survie à la rue et le harcèlement instauré par l’État s’imposent toujours pour des centaines de personnes chaque jour et chaque nuit. Une réalité à laquelle font face nos bénévoles sur le terrain et rapportée il y a quelques jours par les résultats de la commission d’enquête portée par le député Sébastien Nadot sur la situation de l’accueil des personnes exilées en France.

L’instrumentalisation politique des personnes en exil ne cesse de s’intensifier au détriment de la mise en place de réelles solutions d’accueil pouvant permettre aux personnes d’avancer et de s’engager sur le territoire. L’accueil mis en place lors de l’arrivée sur le territoire français de personnes afghanes suite à la prise de Kaboul par les talibans, nous montre bien qu’un autre accueil est possible et qu’il n’est question que de volonté politique.

Nous appelons le gouvernement à mettre en place une vraie politique d’accueil et à cesser la maltraitance d’État vis-à-vis des personnes exilées