Inscrivez-vous à la newsletter

Follow us on: facebook

Toulouse. L’indifférence des pouvoirs publics à l’égard des sans-abris

April 11, 2020 - 1:03pm

Toulouse. L’indifférence des pouvoirs publics à l’égard des sans-abris

Communiqué de presse - Utopia 56 Toulouse - DAL31- le 11 avril 2020

Face à l’épidémie de Covid-19, les associations de solidarité toulousaines demandent à la Préfecture et à la Mairie de prendre des mesures de toute urgence pour mettre à l’abri les personnes vivant dans les rues et réclament la réquisition des bâtiments vides. Elles jugent insuffisantes les mesures mises en place pour la protection des sans-abris par le préfet de la Haute-Garonne.

Comme annoncé par le préfet le 18 mars 2020 les horaires d’ouverture des centres d’accueil de nuit ont été étendues, et 90 places de « desserrement » ont été ouvertes. Environ 170 places ont également été ouvertes pour de l’hébergement d’urgence, et ce, plus de deux semaines après le début du confinement. Ces mesures sont loin d’être suffisantes pour mettre à l’abri les centaines de sans-abris de Toulouse. La fermeture des points d’eau publics, les contrôles policiers abusifs ainsi que le manque de moyens des associations rendent la situation des sans-abris encore plus invivable.

En 2019, on comptait 5 000 personnes sans domicile fixe, dont 767 sans-abris à Toulouse, selon l’étude menée conjointement par la Mairie et les associations en avril 2019. Parmi ces personnes, des familles, des mineur.e.s isolé.e.s, des enfants en bas âge… Avec l’épidémie de coronavirus, les personnes à la rue et dans les squats sont encore plus vulnérables. Ne pouvant pas respecter les gestes barrières, ils.elles sont particulièrement exposé.e.s au risque de contagion.


En maraude à Toulouse 
 

Le nombre de places d’hébergement ouvertes par la préfecture pour faire face à la crise est dérisoire, et le SIAO (Service Intégré d’accueil et d’orientation), est jugé inefficace car presque toujours injoignable, d’après les personnes à la rue. Les centres d’accueil de nuit sont passés en accueil 24h/24, mais les conditions de vie ne sont pas adaptées à un accueil à plein temps. A titre d’exemple, au gymnase de la Reynerie, 80 SDF se partagent un lavabo et deux toilettes.

Faute de places d’hébergement, les SDF sont toujours très nombreux dans les rues de Toulouse, alors que les associations fonctionnent en effectifs réduits. Les bénévoles qui peuvent encore aller sur le  terrain doivent composer avec un minimum d’équipement et la non coopération des pouvoirs publics. La Case de Santé dénonce les contrôles abusifs des forces de l’ordre envers les bénéficiaires de leur offre de soin, qui sont exclusivement des personnes précaires voire sans-abri, ainsi que des violences envers ces mêmes personnes et le personnel soignant.

A Toulouse, dans les squats avec familles et enfants, personne n’est mis à l’abri

Les associations qui réalisent des maraudes dénoncent quant à elles la fermeture de la plupart des points d’eau potable publics par la Mairie à la fin du mois de mars, et l’absence de communication sur cette décision arbitraire rendant l’accès à l’eau plus difficile et engendrant un risque sanitaire grave. L’indifférence et l’inaction de la Mairie à l’égard de la situation des sans-abris, qualifiables de négligence, doivent cesser de toute urgence. Au vu de la gravité de la situation, les associations de solidarité toulousaines enjoignent la Préfecture et la Mairie à :

  • Réquisitionner des logements vides pour mettre à l’abri toutes les personnes vulnérables dans le respect des normes sanitaires
  • Organiser le dépistage de ces populations et une prise en charge sanitaire systématique
  • Garantir l’accès à l’eau potable des personnes à la rue avec des points d’eau potable en nombre suffisant


Utopia 56 - DAL31

Contact : Anna Rodrigues, 06 84 26 62 40 - 

Photos : Antoine Bazin