Inscrivez-vous à la newsletter

Follow us on: facebook

Paris. Ne nous laissons pas berner par les discours du gouvernement

November 10, 2019 - 4:09pm

Paris. Ne nous laissons pas berner par les discours du gouvernement

Jeudi 7 novembre à partir de 6h a eu lieu l’évacuation des campements de la Porte de la Chapelle et de l’avenue Wilson. Les craintes que nous avions ont été confirmées. Dès à présent, nous continuons de suivre les personnes emmenées en gymnases tout comme celles encore à la rue, avant la prochaine évacuation annoncée pour Porte d’Aubervilliers.

Jeudi, quelque 1 606 personnes ont été envoyées vers des gymnases dans une confusion généralisée. La veille, nous avions écrit un texte qui résumait nos craintes face à cette énième évacuation qui se présentait comme une vaste plan com de la préfecture.

 

Voici les points soulevés : 

  • ABSENCE DE COMMUNICATION  au préalable de la part de la préfecture menant à une méfiance et à une confusion de la part des exilé.es et des associations ;
  • Opération qui n’est INCONDITIONNELLE QU’EN FACADE et qui fait craindre des remises à la rue rapides voire des arrestations dans les lieux d’hébergement ;
  • Lancement d’une vaste CHASSE A L’HOMME dans le Nord de Paris pour éviter toute réinstallation et qui mènerait à l’arrestation de nombreuses personnes et à leur déportation ;
  • Refus d’accès aux droits et l’INVISIBILISATION des exilé.es laissé.es à la rue, ce qui augmenterait largement leurs vulnérabilités déjà existantes ;
  • DESTRUCTION de tout le matériel ayant composé les campements (tentes, sacs de couchage, couvertures).


A peine quelques heures après l’évacuation, toutes nos craintes ont été confirmées.

  • Tout d’abord, la mise à l’abri n’a pas été dimensionnée aux besoins et quelques 200 personnes ont été laissés sur le carreau. Beaucoup de personnes vivant à la rue depuis des mois ont fuit, ne sachant pas ce qui les attendaient, obligés cependant d’abandonner leurs affaires.
  • Une journée après l’évacuation, nous avons appris la remise à la rue des personnes qui ne correspondaient pas aux critères imposés par l’OFII et la préfecture alors même que ceux-ci ont affirmé une prise en charge INCONDITIONNELLE jusqu’à la fin de la trêve hivernale. Il faut s’attendre à ce que ces remises à la rue se multiplient dans les jours futurs, pour hommes, femmes et enfants.
  • Jeudi à 7h, à Porte d’Aubervilliers, la police a profité que toutes les caméras soient tournées vers la Porte de la Chapelle afin de procéder à des contrôles d’identité et à des arrestations. Aux dernières informations, 17 personnes ont été placées en détention au CRA de Vincennes et d’autres se sont vu remettre une obligation de quitter le territoire. La chasse à l’homme est ouverte et nous serons présents chaque jour pour tenter d’informer les personnes de leurs droits en cas d’arrestation et de documenter les faits et gestes de la police et de l’Etat.
  • Les cliniques mobiles et distributions se trouvent dès lors entourées par la présence policière qui effectuent des contrôles. De peur d’être contrôlés, les personnes à la rue ne pourront bientôt plus accéder aux services minimums nécessaires à leur survie (eau, nourriture, soins).
  • Malgré la promesse de la préfecture, le matériel que nous avons tenté de récupérer sur l’avenue Wilson a été jeté, autant de tentes, de couvertures achetées par des particuliers, distribuées dans la rue et jetées par les forces de l’ordre. En outre, des centaines de personnes à la rue se sont vues dépossédées de leurs affaires par la police lors de l’évacuation et se sont donc retrouvées jeudi soir sans tente ni couverture.
     

Dans les prochains jours et semaines

  • Nous collecterons le maximum d’informations auprès des personnes évacuées vers des gymnases et des personnes encore à la rue
  • Nous surveillerons les actions de la police
  • Nous apporterons un soutien matériel et juridique aux personnes dans les campements
  • Nous les informerons également de la forme que devrait prendre l’évacuation à venir de la Porte dAubervilliers

 

Ne nous laissons pas berner par les discours criminalisants et xénophobes du gouvernement. Soutenez-les exilé.e.s, soutenez-nous dans nos actions.

Pour nous soutenir

Vous pouvez adhérer à l’association, nous rejoindre comme bénévole à travers nos missions quotidiennes jour et nuit ou faire un don financier. Notre association est soutenue à 70% par les dons des particuliers, nous ne recevons et n’acceptons aucune aide financière de l’Etat.