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Ce mercredi matin comme hier, l’État entrave la liberté d’informer et expulse encore et toujours à Calais et Grande-Synthe.

December 30, 2020 - 4:42pm

Ce mercredi matin comme hier, l’État entrave la liberté d’informer et expulse encore et toujours à Calais et Grande-Synthe.

Ce mercredi 30 décembre, alors que les températures extérieures sont glaciales en cette fin décembre, plus de 200 personnes exilées ont subi ce mercredi matin leur 951ᵉ expulsion à Calais et leur 86ᵉ expulsion à Grande-Synthe hier, mardi. Le cycle infernal persiste sans pour autant proposer de solution adaptée de mise à l’abri. Dans ces atteintes graves aux libertés fondamentales et à la dignité humaine, l’État va jusqu’à entraver la liberté d’informer en empêchant les journalistes de rendre compte de sa politique de non-accueil.

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A 6h aujourd’hui, la police s’est déployée sur un parking du centre commercial de Coquelles, ville limitrophe de Calais. Les équipes de nettoyage de la mairie y ont détruit et jeté des dizaines et des dizaines de tentes et couvertures distribuées par nos associations, dans lesquelles survivaient une centaine de personnes exilées. Trois expulsions de cette même violence ont suivi dans la matinée dans la zone frontalière

Après avoir décidé l’arrêt des distributions d’eau et de nourriture la semaine dernière par le biais de l’association La Vie Active, le préfet du Pas-de-Calais, Louis Le Franc, poursuit les atteintes à la dignité des personnes exilées.

Les atteintes aux droits se sont enchaînées ces derniers jours : vendredi dernier, malgré l’arrivée de la tempête Bella et les températures négatives, une trentaine de mineurs isolés se sont vu refuser une mise à l’abri. Le 16 décembre, la préfecture du Pas-de-Calais était poursuivie au tribunal administratif pour avoir orchestré plusieurs expulsions sans bases légales de lieux de survie sur le Calaisis. Le délibéré est prévu le 6 janvier. Ce mercredi à Calais et hier à Grande-Synthe, le journaliste Louis Witter s’est rendu sur les lieux des expulsions de Coquelles et de la forêt du Puythouck afin de rendre compte des agissements des services de la préfecture et à deux reprises, il s’en est vu refuser l’accès. Reporters sans frontières a condamné ces atteintes dans la matinée sur son compte Twitter.

Nos associations sont les témoins quotidiens des pratiques indignes et violentes d’un État qui ne propose qu’une politique de terreur face à des personnes en détresse. Les solutions proposées, à savoir des orientations vers des centres CAES, ne sont pas adaptées à des personnes qui ont pour volonté de se rendre en Angleterre. Chaque jour, aux côtés d’autres associations, les bénévoles d’Utopia 56 distribuent tentes et couvertures à plus de 1200 personnes exilées, qui survivent actuellement à la frontière à Calais et Grande-Synthe.

« Il faut en finir avec cette politique de non-accueil, revoir les accords du Touquet et acter au plus vite l’élaboration de voies de passage sûres et légales vers le Royaume-Uni. » Gaël Manzi - Co-président d’Utopia 56.

Ces atteintes, déjà graves, vont se poursuivre. Fin novembre, sous l’égide de l’accord du Touquet, la France a une fois de plus accepté la sous-traitance des frontières anglaises en échange d’un versement de 31,4 millions d’euros dédié au renforcement des contrôles *Article du Monde du 30 novembre : Entre Paris et Londres, une entente contre les migrants. Et à la demande de la maire de Calais, Natacha Bouchart, de nouvelles expulsions sous les ponts de Calais sont à venir prochainement.

 

*Photo par Alexandra Henry