Inscrivez-vous à la newsletter

Follow us on: facebook

A Rennes, remise à la rue massive de mineur.e.s exilé.e.s pour les fêtes

December 23, 2020 - 10:50am

A Rennes, remise à la rue massive de mineur.e.s exilé.e.s pour les fêtes

Depuis la fin du confinement le 15 décembre dernier, le département d’Ille-et-Vilaine a remis à la rue 12 mineur.e.s exilé.e.s. Evalué.e.s par le département comme étant majeur.e.s ou ré-évalué.e.s en Ille et Vilaine, exclus des dispositifs d’hébergement d’urgence, ils se retrouvent sans aucune solution pour subvenir à leurs besoins ni aucune solution d’hébergement dans un contexte de pandémie mondiale. 

Les départements, dans le cadre de leur mission de protection de l’enfance, sont chargés de l’évaluation de minorité lorsqu’un jeune exilé se déclarant mineur, se présente : analyser son parcours migratoire, les papiers d’état civil dont il dispose, diagnostiquer si une prise en charge médicale et/ou psychologique est nécessaire. En pratique, ces évaluations de minorité en Ille-et-Vilaine (assurés par la Mission MNA) durent 30 minutes, sans considération pour le parcours souvent traumatisant des mineurs, avec un taux de refus que nous estimons entre 80 et 90%. Le département justifie ces refus de prise en charge en quelques phrases, sur une notification remise aux jeunes : “votre attitude en entretien correspond à celle d’un homme adulte”, ou encore “vous nous délivrez un récit stéréotypé, non incarné”. De surcroît, certains jeunes, évalués mineurs dans d’autres départements, sont ré-évalués majeurs en Ille-et-Vilaine.

Abdoulaye (pseudonymisé), 16 ans, arrivé dans nos locaux le 17 décembre dernier nous explique en fondant en larmes : “j’ai tout risqué, j’ai tout perdu et ici personne ne me croit». 

Un refus de minorité a plusieurs conséquences pour ces jeunes : l’arrêt immédiat de leur hébergement, mais surtout l’inéligibilité aux aides réservées aux majeurs, comme les hébergements d’urgence du 115 ou encore les dispositifs d’hébergement mis à disposition par la commune de Rennes.

Utopia 56, en partenariat avec le MRAP 35, sollicitent les citoyens d’Ille-et-Vilaine pour prendre le relais du département lors des ces remises à la rue. Ces solidarités citoyennes nous permettent d’héberger ces jeunes et de les scolariser, le temps de leurs recours juridiques en partenariat avec des avocates spécialisées. Le but est de faire valoir leur minorité par les tribunaux rennais : plus d’un jeune sur deux est finalement reconnu mineur suite à ces procédures.

Cette semaine nous attendons des dizaines d’autres appels par des mineurs déboutés de leurs droits. Lors de nos maraudes, nous avons identifié 21 jeunes à l’Auberge de jeunesse de Rennes, ainsi que des dizaines d’autres dans différents hôtels de Rennes et sa métropole. Ces jeunes vont pour la grande majorité se retrouver sans solution, pour les fêtes de Noël. Nous demandons l’arrêt des ré-évaluations de minorité en Ille et Vilaine et la mise à l’abri des mineurs en recours de reconnaissance de minorité.